Comprendre le statut LMNP en location saisonnière
LMNP : définition
Le statut Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) s’applique aux particuliers qui mettent en location un bien meublé. Contrairement à la location nue, ces recettes ne sont pas imposées comme des revenus fonciers. Elles relèvent de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), conformément au Code général des impôts (CGI).
Pour être considéré comme LMNP, vos gains issus de la location ne doivent pas dépasser certains seuils. En cas de dépassement, vous basculez automatiquement vers le statut de LMP (Loueur en Meublé Professionnel).
Êtes-vous LMNP ? Les 2 critères pour le vérifier
Conformément à l’article 155 du Code général des impôts (CGI), pour être LMNP :
Vos recettes (c'est-à-dire les loyers charges comprises) doivent être inférieures à 23 000 € ;
Et/ou elles doivent être inférieures ou égales aux autres revenus générés par les personnes appartenant au foyer fiscal.
Suis-je LMNP ? Test rapide en 3 questions
Votre logement est‑il loué meublé avec l’équipement légal minimum (liste du décret du 31 juillet 2015) ?
Vos recettes sont-elles inférieures à 23 000 € par an et/ou aux autres revenus du foyer ?
Louez-vous ce logement en votre nom propre (et non via une société soumise à l’impôt sur les sociétés) ?
Si vous avez répondu oui à ces 3 questions, vous pouvez avoir le statut LMNP.
LMNP : ce qui change pour les locations saisonnières en 2026
Le régime fiscal des locations saisonnières en LMNP a évolué avec la loi Le Meur. Les plafonds de recettes et les abattements du régime micro-BIC ont été réduits pour les meublés de tourisme et les chambres d’hôtes. Conséquence : de nombreux loueurs doivent désormais passer au régime réel. Pour ceux qui restent au micro‑BIC, la part de revenus imposables est plus importante.
Cette loi introduit aussi de nouvelles contraintes administratives :
Les maires peuvent limiter la location de résidence principale à 90 jours par an ;
Tous les logements destinés à la location saisonnière doivent être enregistrés sur un téléservice national depuis le 20 mai 2026, le déploiement du portail destiné aux loueurs s'échelonnant sur le second semestre ;
Un DPE classé entre A et E est exigé pour obtenir une nouvelle autorisation de changement d'usage, l'exigence passant à A-D en 2034 pour les meublés hors résidence principale.
LMNP et meublé de tourisme : quelle compatibilité ?
Vous pouvez tout à fait choisir le statut LMNP pour un meublé de tourisme, que celui-ci soit classé ou non. La principale différence concerne le régime micro‑BIC :
Pour un meublé de tourisme non classé, le plafond de recettes est fixé à 15 000 € par an, avec un abattement forfaitaire de 30 % ;
Pour un meublé classé ou une chambre d’hôtes, le plafond de recettes est de 77 700 €, avec un abattement de 50 %.
Les obligations administratives et légales du LMNP en 2026
SIRET : obligatoire ou pas pour les locations saisonnières ?
Vous avez l’obligation d’avoir un numéro SIRET pour exercer une activité de location meublée, même si celle-ci est occasionnelle. Ce numéro permet à l’administration fiscale et aux organismes sociaux d’identifier votre activité.
L'INPI opère la plateforme mais n'est pas le destinataire de la formalité. Trois autres occurrences à corriger : la checklist obligations, la FAQ, et la section SIRET elle-même.
📌 Bon à savoir : Si vous êtes au régime réel, vous ne pourrez pas remplir votre liasse fiscale sans ce numéro.
Déclaration en mairie + changement d’usage (si applicable)
Depuis le 20 mai 2026, la mise en location d'un meublé de tourisme suppose un enregistrement assorti d'un numéro à faire figurer sur toutes vos annonces. Cette formalité, auparavant propre à chaque commune, relève désormais d'un téléservice national prévu par la loi Le Meur. Le déploiement du portail destiné aux loueurs s'échelonnant sur le second semestre 2026, le téléservice de votre commune reste utilisable dans l'intervalle et le numéro déjà obtenu demeure valide.
S'y ajoute, dans les communes ayant institué ce régime, une autorisation de changement d'usage pour les résidences secondaires. La demande se dépose auprès du service urbanisme, et son périmètre a été élargi par la loi Le Meur : il ne se limite plus aux grandes villes ni aux départements de la petite couronne. Si vous louez votre résidence principale dans la limite du plafond local de nuitées, cette autorisation n'est pas requise.
Souscription d’assurances
Il est recommandé aussi de souscrire des garanties adaptées à la location saisonnière :
Une assurance responsabilité civile : elle couvre les dommages corporels, matériels ou immatériels causés à vos locataires ou à des tiers dans le cadre de la location ;
Une assurance propriétaire non occupant (PNO) : elle couvre notamment les dégâts des eaux, incendies ou sinistres survenant lorsque le bien est vacant ;
Une assurance spécifique à la location touristique : certaines plateformes de réservation demandent une extension de garantie adaptée à la courte durée.
Obligations comptables LMNP 2026
Vos obligations comptables en LMNP varient selon votre régime fiscal.
Au micro-BIC, la comptabilité est simplifiée. Vous devez tenir un registre des recettes. Ce document liste l’ensemble des loyers et des sommes encaissées au cours de l’année.
Au régime réel, vous devez tenir une comptabilité détaillée. Il faut :
établir un bilan comptable ;
produire un compte de résultat ;
générer un fichier des écritures comptables (FEC) ;
tenir un tableau des amortissements et des immobilisations.
Vous devez aussi conserver vos factures et justificatifs, quel que soit votre régime d'imposition.
Checklist obligations LMNP 2026 :
Obtenir un numéro SIRET en se déclarant sur le guichet unique des entreprises
Enregistrer le logement sur le téléservice national et obtenir, si la commune l'exige, une autorisation de changement d'usage
Souscrire les assurances adaptées à la location saisonnière (PNO, responsabilité civile)
Respecter ses obligations comptables selon son régime d’imposition
Conserver l’ensemble des factures et justificatifs liés à l’activité
Vérifier régulièrement sa situation par rapport aux plafonds du LMNP
La fiscalité du LMNP en location saisonnière (2026)
Revenus BIC : fonctionnement 2026
Les revenus issus de la location saisonnière, notamment via Airbnb ou des plateformes équivalentes, sont imposés dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Cela s’explique par le fait que la mise à disposition d’un logement meublé est fiscalement assimilée à une activité commerciale (même lorsqu’elle est exercée à titre non professionnel).
Les recettes à déclarer correspondent à l’ensemble des sommes encaissées au cours de l’année. Cela inclut :
les loyers ;
les frais facturés aux voyageurs, comme les prestations annexes ou les frais de ménage ;
les commissions prélevées par les plateformes.
Pour aller plus loin, consultez notre guide sur la fiscalité des meublés de tourisme.
Micro-BIC LMNP en saisonnier en 2026
Au régime micro-BIC, vous déclarez simplement vos recettes annuelles issues de la location meublée. L’administration applique ensuite un abattement forfaitaire pour calculer votre revenu imposable. Vous n’avez pas besoin de détailler vos charges.
Pour 2026 :
Le plafond de recettes pour bénéficier du micro-BIC est fixé à 77 700 € pour les chambres d’hôtes / meublés de tourisme classés et à 15 000 € pour les meublés de tourisme non classés ;
L’abattement forfaitaire est de 50 % pour les chambres d’hôtes / meublés de tourisme classés et de 30 % pour les meublés de tourisme non classés.
Ce régime est facile à gérer, mais il entraîne bien souvent le paiement d’impôts, même si vos charges sont élevées.
Régime réel LMNP en saisonnier en 2026
Au régime réel, vous pouvez déduire toutes vos charges à l'euro près. Cela inclut notamment les frais de gestion, d’entretien, d’assurance, les intérêts d’emprunt ou encore les taxes et impôts liés au logement.
Le régime réel permet aussi de déduire certains amortissements, notamment sur le logement, le mobilier et certains travaux.
Ce mode d’imposition est plus complexe à gérer mais il permet de réduire fortement, voire neutraliser, votre résultat fiscal pendant plusieurs années.
Prélèvements sociaux LMNP en saisonnier
Si vous êtes LMNP, vos revenus de location meublée sont soumis aux prélèvements sociaux de 18,6 %, quel que soit leur montant.
Vous devrez payer des cotisations sociales à l’URSSAF seulement si votre activité devient professionnelle. Cela arrive :
Si vous dépassez 23 000 € de recettes annuelles sur votre location meublée courte durée (Airbnb, meublés touristiques) ;
Si vous êtes Loueur en Meublé Professionnel (LMP) ;
Si vous louez des chambres d’hôtes et que vos revenus annuels dépassent 13 % du PASS (environ 6 248 € en 2026) ;
Si vous exercez une activité de para-hôtellerie, c'est-à-dire des séjours de 30 nuitées maximum assortis d'au moins trois des quatre services suivants : petit-déjeuner, nettoyage régulier des locaux, fourniture du linge de maison, réception même non personnalisée de la clientèle.
Micro-BIC ou régime réel ? Comparatif rapide 2026 :
Le micro-BIC est simple à gérer : vous déclarez vos recettes et l’administration applique un abattement forfaitaire au titre de vos charges. Le régime réel, lui, permet de déduire vos charges et amortissements. Cela nécessite de tenir une comptabilité, mais ce régime est financièrement plus avantageux dans la plupart des cas.